Payasadas desmenuzadas y otras estrategias para contar las historias con hache pequeña

Par Maria Fernanda Ordoñez 

14 septembre à 21h
Performance (+-30min)

Ouvert à tous·x·tes, dédié aux personnes migrant·x·e·s latino-americanxs

En espagnol, una payasada se traduit par une action ridicule, insensée, une bêtise. En français, on pourrait le traduire par « buffonerie ». J’aime faire las payasadas et les désigner comme des choses insignifiantes, indignes. Pero lo que esta escondido no es tan ingenuo. La création de mes derniers personnages se situe entre la fiction et la réalité. Dans l’improvisation, je moule ces personnages, en prenant des visages, des façons de parler, des inconsciences spatiales et des maladresses de orden estrafalario. Je compose ainsi des personnages horribles, les poussant au plus profond de l’émotion et du déplaisir. C’est fou quand ces personnages se transforment en véritables matérialités pour venir te vomir leur propre ignorance à la figure. Existe-t-il des personnages pires que celles·eux de mon récit dans le monde réel ?  Oui, malheureusement, il y en a. Quelles sont les stratégies pour les affronter ? Dans cette performance – conférence, performance – déballage, performance – making off, je vais vous révéler certaines choses, je vais vous dévoiler certaines autres. Accompagnez-moi. J’ai beaucoup d’histoires avec la petite h. Je suis très rancunière, mais la bonne chose est que j’ai les outils pour faire sortir cette rancœur et rage pour la transformer en une catharsis où les multiples voix qui m’habitent remontent à la surface.

Emietter avec les mains, mouler la matière, prélever délicatement chaque morceau, en manger certains et laisser les autres dans une petite assiette. Sélectionner les morceaux pour donner la touche finale à la recette. Certains sont fins, d’autres sont gros. Quelque chose est en train de cuire, quelque chose est en train de mijoter et nous devons l’attendre avec patience. Comment agencer tous les ingrédients pour arriver au bon moment, à la bonne substance, au résultat savoureux. Mais parfois, on fait trop cuire, ça brûle, ça ne donne pas ce que l’on veut.
Je vais vous donner mes recettes pour créer les soupes performatives, les soupes dansantes. Dans l’espace eeeeh!, j’ai déjà pu cuisiner l’un de mes plats préférés, je me souviens avoir voulu passer à la corporalité performative, mais je n’étais pas prête, j’étais encore en train de cuire. Maintenant, je me suis reconnectée à ma voix et à mon corps. Nous sommes prêtes à nous mettre dans le dispositif qui consiste à nous dévoiler par notre propre choix, parce que nous avons décidé de le faire et que nous l’avons toujours fait. Je vais vous raconter comment je cuisine les projets, en faisant une sorte de « making of performatif » pour la création de certaines performances. 
En jouant avec les outils des clowns, des clowns qui trébuchent, des clowns qui doivent rire de leur propre existence. Des clowns cauteleux·se·s qui crachent des vérités. Nous allons nous implanter dans ce bureau des questions importantes, en présentant nos cvs non conventionnels, nos cvs non accrédités. Clown nettoyeur·euse, clown vendeur·euse, clown serveur·euse, clown distributeur·rice, clown marchand·e de sandwichs en territoire catholique.

Maria Fernanda Ordoñez est une artiste visuelle, née à Bogota, Colombie (1995), où elle a étudié le théâtre. Basée à Genève depuis 2016, elle a fait le Bachelor en Arts visuels et fait actuellement le Master « Work.master – Pratiques artistiques contemporaines » à la HEAD, Genève. Les thèmes qui tissent la trame de ses travaux sont la maison et ses multiples interprétations, les espaces chargés, les architectures habitées par des entités et les perceptions visuelles. Absences et présences. Les questions liées à la migration qui la traversent et la rendent tout aussi invisible, viennent dialoguer avec son présent. Tout cela se traduit par des pratiques transdisciplinaires axées aujourd’hui sur le dispositif performatif. Elle a participé et montre son travail dans des espaces d’art en Suisse tels que le TU – Théâtre de l’Usine à Genève, l’espace eeeeh! à Nyon, La_càpsula à Zurich, Urgent Paradise à Lausanne.

@mafeordonezp


crédits photo Eden Levi Am


crédits photo Eden Levi Am